Photographie - 2002
8 tirages numériques Couleur
15 x 10 cm
La télévision est le principal média qui nous permet de rester en contact avec le monde. Dès lors, notre vision de l’extérieur dépend pour beaucoup de notre façon d’appréhender l’image télévisuelle. On peut aller au bout du monde en restant dans son fauteuil.
«La perte des sensations du voyage ancien est alors compensée par la projection d’un film sur grand écran. Le voyageur continue d’aller au monde par le regard, mais cette fois, le moteur cinématique renouvelle pour lui le défilement d’un paysage qui disparaît et se fige dans la distanciation de l’attitude.»
Mais sans arrêt les images défilent et la suivante nous fait oublier la précédente. Et un voyage n’est rien sans souvenirs. Je voulais garder une trace d’un événement télévisuel, photographier l’écran de télévision comme si j’étais dedans, au milieu du paysage, qui défile en fait devant mes yeux.
Comme lors d’un voyage organisé, je ne fais que suivre (le flot d’images), même si je fais des arrêts (sur image) pour prendre une photo (du paysage télévisuel)… Bref, je réalise mes photos-souvenir. Ces dernières deviennent alors de véritables cartes postales : paysages oniriques aux couleurs saturées, prises de vues dignes des meilleurs « clichés », images bien cadrées…
Le fait d’en être également le destinataire me permet de constituer une mémoire d’événements non vécus mais validés (par le circuit postal). Cela me permet de me rappeler des souvenirs que je n’ai pas eus, des voyages que je n’ai pas faits. Autant de traces de mon passage dans l’image, de mon voyage à la surface de l’écran. La frontière s’amincit de plus en plus. La preuve en images…